Emile Vacher

Émile Vacher, né à Tours le 7 mai 1883 et mort à Paris le 8 avril 1969, est un accordéoniste français, considéré comme le créateur du genre musette.
Maryanne Guilloux, la mère d’Émile Vacher était arrivé de Plumelec en Bretagne pour entrer comme domestique chez un comte tourangeau. Celui-ci abusa de la jeune fille et le jeune Émile naquit de cette union à Tours. Mais délaissés par son employeur indélicat, la mère et l’enfant montèrent à Paris où Maryanne connaissait quelques personnes. Elle y fit la connaissance de Louis Vacher qui l’épousa et adopta Émile1,2.

Son père jouait de la grosse caisse, mais avait aussi touché à l’accordéon. Il désirait que son fils joue lui aussi d’un instrument. Alors que le jeune Émile atteint l’age de dix ans, son père l’emmène aux puces de Saint-Ouen et lui achète pour 3 francs un accordéon diatonique dans une brocante. L’enfant apprend tout seul, joue rapidement les airs que l’on entend dans la rue2.

Son père le fait engager au bal Delpuech, un café de Montreuil. Accompagné par son père à la grosse caisse, il se produit dans de nombreux bals. Au café Au Puy-de-Dôme, il fait danser Casque d’Or, que le cinéma immortalisera dans le film homonyme de Jacques Becker.

En 1908, son père décide d’ouvrir son propre bal rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, premier bal musette (jusqu’alors, on parlait de bal à la musette). Le jeune prodige crée un style différent, proche de celui de son contemporain Charles Péguri, où la valse se fait « mineure » et la java prend une importance accrue. Le succès est au rendez-vous.
Sa notoriété grandissante permet à Émile de se produire régulièrement pour les radio parisiennes et d’enregistrer un grand nombre de disques 78 tours : on parle de 500 morceaux gravés, dont certains se seraient vendus à plus de 100 000 exemplaires.

Dans les années 1920, il rencontre le pianiste Jean Peyronnin ; c’est le début d’une longue collaboration. Il va marquer l’histoire de l’accordéon en étant l’auteur ou le coauteur de certains des morceaux les plus connus : Reine de Musette, Brise napolitaine, Bourrasque, Défilé des accordéonistes et Les Triolets. Il devient ainsi la première star de l’accordéon. Ses tournées le conduisent dans toute la France et à travers l’Europe.

Mais la mode évolue après la Seconde Guerre mondiale ; de nouveaux accordéonistes apparaissent et le public commence à lui préférer les jeunes vedettes. Millionnaire, il dilapide sa fortune. Il est obligé d’abandonner son train de vie. Il meurt d’un cancer en 1969, dans une indifférence quasi totale

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